Neuf mois de gestation et la tête sort à peine. Le bébé n'est pas beau, un peu fripé un peu tristoune dans son habit rouge.
Neuf mois, c'est aussi le temps qu'il faut pour s'isoler. Pour presque oublier les moments de joie qu'on a eu avec Ackim à danser sur les tables quand elles ne sont pas faites pour ça.
Neuf mois, c'est le temps qu'il faut pour régler au millimètre près les détails qu'on s'empresse de casser deux semaines plus tard.
Neuf mois, ça peut être dix ou douze quand on reste des nuits à faire marcher ce satané coucou qui ne veut que voler.
Neuf mois et je me manque à moi même. J'esquisse quelques sourires de façade au boulot ; Les gens le remarquent ou s'en moquent ? je ne sais pas trop et puis je m'en moque et j'en reprends pour plusieurs mois.
Neuf mois pour quel bilan ? Assez mitigé mais le temps n'est pas au bilan.
J'écoute une musique de Satie en écrivant ces lignes. J'aime Satie, il mettait dans chacune de ces notes un peu de nostalgie et une certaine douceur. Les mouvements sont hésitants et pourtant ils nous frappent. C'est bien, mais ça ne m'aide pas à écrire des lignes joyeuses. Tant pis on verra demain.
mardi 10 février 2009
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